Lyon. Il manquait moins d’un euro à ce retraité pour régler l’ampoule de son feu avant chez le garagiste mais son concessionnaire a refusé de lui rendre ses clés.

Gérard est resté une heure chez le concessionnaire puis a été « libéré » . Photo Philippe Juste

« Ne vous inquiétez pas, on libère votre mari. » Adeline a failli s’étrangler de colère en entendant cette phrase au téléphone. Voilà qu’on lui retenait son Gérard sous prétexte que celui-ci ne pouvait s’acquitter du montant total de la facture du garagiste. Non que Gérard soit fauché ou critique sur la note. Non, Gérard, un paisible retraité lyonnais avait tout simplement oublié chéquier et carte bleue avant de passer chez son concessionnaire auto. Une vilaine étourderie qu’il regrette amèrement. Car il s’est trouvé confronté à la dure réalité du commerce d’aujourd’hui, un épisode qui l’a laissé perplexe.

Lundi, il constate que son phare avant ne fonctionne plus. Illico presto, il s’arrête à Vénissieux, chez son concessionnaire Opel. Il est un bon client et on lui change l’ampoule. La note (53 euros) est plus salée que prévue et notre retraité, confus, risque un « Je m’excuse mais je n’ai que 35 euros sur moi ». On lui accorde une ristourne de 10 %. Sympa mais le compte n’est pas le bon et Gérard propose de laisser sa carte d’identité et ses 35 euros et d’aller chercher chez lui le complément. Refus ferme de la caissière. Dépit de l’automobiliste qui a une illumination : il a quelques pièces dans sa boîte à gants. « On m’a laissé accéder à ma voiture mais escorté par un mécanicien comme si j’étais un voleur ! ». Malgré toute sa bonne volonté, Gérard retourne, penaud, à la caisse : « Il me manquait 85 centimes mais ils n’ont pas voulu me rendre les clés. J’ai dû appeler au secours ma femme. » Au bout d’une heure, et grâce à l’indignation de son épouse, notre retraité a pu reprendre son Opel Corsa (et son ampoule neuve) et s’acquitter de sa dette. « C’est quand même dérisoire de bloquer une voiture d’autant que je suis client depuis douze ans et que j’ai toujours payé mes notes sans retard », nous déclarait-il.

Hier, la direction de la concession n’avait pas eu vent de cet incident mais nous confirmait bien les règles de l’entreprise : « Tout client doit payer ses factures. Les impayés, c’est le quotidien d’un concessionnaire. On ne peut pas gérer une structure de 120 salariés comme le petit garage du coin. » Pas sûr que le couple qui attend une lettre d’excuse, la reçoive un jour…

Annie Demontfaucon – leprogres.fr
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