La foudre se déchaîne : dimanche, deux femmes ont été foudroyées sur une plage de l’île d’Oléron. Le lendemain, cinq personnes ont à leur tour été gravement blessées, dans un parc accrobranches des Hautes-Pyrénées. Si les foudroiements sont graves dans la plupart des cas, Doc O, médecin généraliste, a connu un cas étonnant.

La foudre des orages

Les foudroiements peuvent être mortels dans 10 % des cas 

J’exerce la médecine depuis près de 40 ans et j’ai connu un seul cas de foudroiement : un patient d’une soixantaine d’années qui faisait une ballade dans la montagne. Lui ne se souvient (heureusement) de rien mais sa femme a tout vu et elle m’avait raconté l’épisode en détail : « J’ai entendu un fracas épouvantable et j’ai vu mon mari couché par terre tout fumant », m’avait-elle dit.

Ça s’est passé au début des années 80. Tous les deux se promenaient dans les Dolomites, un massif alpin situé en Italie. Je connaissais bien ce couple, ils étaient de bons marcheurs.

Projeté au sol

Le temps était lourd mais il n’y avait pas d’orage. Ils marchaient côte à cote sur un chemin de randonnée, quand lui est monté sur un petit rocher pour mieux admirer le paysage. C’est alors qu’un éclair est tombé sur lui. Sa femme n’a pas vu le foudroiement mais elle l’a vu au sol « tout fumant ».

Les secours sont arrivés rapidement. Il a été hospitalisé pendant un ou deux jours. Je l’ai vu à son retour en France, la semaine suivante.

Ce qui m’a frappé, c’est qu’il avait quatre brûlures à des points précis : sur le haut du crâne, où la foudre l’a frappé ; à l’entrejambes, où la foudre s’est divisée en deux pour traverser les jambes ; et enfin aux plantes des pieds, ce qui correspond aux points de sortie de la foudre. C’est à ces quatre points qu’il « fumait », selon les termes de sa femme.

10 % de cas mortels

Il a guéri sans aucune séquelle, pas même neurologique. Il a juste eu des cicatrices de brûlures aux points évoqués plus haut (crâne, entrejambes et plantes de pieds), mais rien de dramatique. Or il y a 10 % de cas mortels et les séquelles sont fréquentes. Mon patient a donc eu de la chance, d’autant qu’il aurait pu aussi se blesser en tombant du rocher, d’où il a été projeté.

 Il a seulement eu une amnésie de l’accident. En consultation, il en plaisantait : « Ma femme me dit que j’ai été foudroyé mais je ne la crois pas ! »

C’est le seul cas que j’ai connu mais je mets régulièrement des patients en garde, notamment ceux qui pratiquent des activités à risque :

– Le golf, puisque l’éclair peut foudroyer le club qui, étant métallique, est conducteur. Mais les terrains sont de toutes façons évacués en cas d’orage.

– La pêche, car lorsque le pêcheur lance son fil, la canne peut monter assez haut dans les airs

– Enfin l’agriculteur sur son tracteur, s’il n’a pas de cabine pour le protéger. Sa tête devient le point culminant du champ.

Source : Lenouvelobs.com /Photo : (55Laney69 – Flickr CC)

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