Flickr/Anja Johnson sous licence Creative Commons

Les scientifiques ont étudié un registre des eunuques de la cour impériale coréenne (Palais de Gyeongbokgung, Séoul).

Une étude sur les castrats à la cour de l’empereur de Corée montre que ces derniers vivaient au moins 14 ans de plus que les hommes « entiers ».

Les eunuques de la cour impériale coréenne vivaient en moyenne 70 ans, soit entre 14 et 19 ans de plus que les autres hommes, rapportent des chercheurs des universités de Séoul et de Incheon en Corée-du-Sud. Cette différence très sensible semble suggérer que les hormones masculines pourraient être en partie responsables des différences d’espérance de vie que l’on constate couramment entre les hommes et les femmes, chez l’être humain comme chez la plupart des mammifères.

Les hormones masculines, dont la testostérone, sont soupçonnées d’avoir des effets négatifs sur le système immunitaire, et certaines études les rendent responsables des risques cardiovasculaires plus élevés chez les hommes que chez les femmes.

Quelques études menées en laboratoire sur des rats et des chiens avaient déjà montré des augmentations modestes de la durée de vie des mâles castrés, mais aucune donnée fiable n’existait pour l’homme. Sur un très faible échantillon fiable, aucune différence n’avait été observée pour les chanteurs d’opéra castrats. Un léger accroissement de longévité avait été observé chez des malades mentaux internés et stérilisés, mais le résultat n’avait pas été considéré comme significatif.

Trois eunuques centenaires

Les scientifiques coréens ont travaillé à partir d’un registre généalogique des eunuques de la cour impériale de Corée de la dynastie Choson, sur la période 1741-1816. Les eunuques ne pouvaient avoir d’enfants, mais ils avaient le droit de se marier et d’adopter des enfants qui avaient perdu leurs organes reproducteurs soit à la suite d’accidents ou d’opérations chirurgicales délibérées. La lignée étudiée comprenait 385 eunuques, mais seuls 81 d’entre eux avaient des informations assez précises sur leur durée de vie. Sur ces 81 individus, 3 ont été centenaires (100, 101 et 109 ans), fait exceptionnel pour l’époque.

Les chercheurs affirment dans leur étude publiée dans la revue Current Biology que ce n’est pas le mode de vie des eunuques qui peut être responsable de cette longévité, puisque les familles témoins de mâles non castrés avec lesquelles ils les ont comparé vivaient elles aussi à la cour impériale, dans des conditions similaires.

Source : Lefigaro.fr

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